Raphaël Boccanfuso soupçonné de faux et usage de faux ce mois de juin deux mille cinq à la galerie Patricia Dorfman.
La première des preuves à conviction est le carton qui présente l’exposition personnelle Maison des artistes. Celui-ci nous montre une grise église reconvertie comme telle par le Service Municipal de la Culture. Triste écrin pour montrer des oeuvres... qui amorce une réflexion générale sur le lieu d'exposition et sur le clivage privé/public. Mais c’est à la galerie, la vraie, que le faux s’est subrepticement glissé dans des oeuvres de Mondrian, reproduites sur affiches et cartes postales, que Raphaël a détourné. La technique du faussaire est simple. Celui-ci vide l'affiche des différentes couleurs du tableau pour en reformer un selon une disposition géométrique nouvelle, en se servant uniquement de ce que le support lui fournit. La proportion est ainsi conservée, et de proportions il en est question car le résultat final ressemble étrangement à ces diagrammes en bâton qui peuplent les pages économiques. On passe devant en essayant de se situer chronologiquement dans l’œuvre du peintre néerlandais. Avant New York, peut-être ? Ou bien…En sérigraphie cette fois, c’est un Mondrian période L’Oréal qui est exposé, composition en jaune, bleu et rouge.
On le voit, l’artiste aime se jouer des limites, de ces lignes un peu floues que l’on peut traverser tout en restant de l’autre coté. Les frontières, il les a traversées physiquement de Ljubljana à Genève dans sa boccanfusso-mobil en 1999 pour rien à déclarer. À la fois moyen de transport de l’œuvre … et œuvre d’art, dont on peut voir la vidéo pour les 15 ans de la galerie. Et qui dit ligne de partage dit questions de droit. Celles-ci se retrouvent dans les affiches de photos de monuments où seul l’édifice, La Défense, la Tour Eiffel, est pixellisé, et où l’auteur n’a donc pas à payer de droits. Pourtant, mêmes dépourvus de leur netteté usuelle c’est bien eux que l’on reconnaît.
C’est dans les bibliothèques municipales que notre saboteur poursuit son œuvre en arrachant aux livres d’histoire de l’art leurs pages le temps de l’emprunt. Toujours selon la même rigoureuse procédure … pour les remplacer ni vu ni connu. Il signifie ses initiales ou recompose des oeuvres et c’est dans ces mêmes bibliothèques qu’il se pose naturellement la question de sa place dans l’histoire de l’art. La tête dans les bouquins, il se “reproduit” entre deux monographies grâce à la photocopieuse et la réponse est alphabétique. Entre Bacon et Braque, entre Boccioni et Beuys. À la galerie, c’est un mur entier de toutes ces feuilles A4 N&B que l’on peut voir. Interrogé par nos caméras, R.B. donne sa version des faits. Mais les experts sont formels. De faux Raphaël Boccanfuso circulent.
On le voit, l’artiste aime se jouer des limites, de ces lignes un peu floues que l’on peut traverser tout en restant de l’autre coté. Les frontières, il les a traversées physiquement de Ljubljana à Genève dans sa boccanfusso-mobil en 1999 pour rien à déclarer. À la fois moyen de transport de l’œuvre … et œuvre d’art, dont on peut voir la vidéo pour les 15 ans de la galerie. Et qui dit ligne de partage dit questions de droit. Celles-ci se retrouvent dans les affiches de photos de monuments où seul l’édifice, La Défense, la Tour Eiffel, est pixellisé, et où l’auteur n’a donc pas à payer de droits. Pourtant, mêmes dépourvus de leur netteté usuelle c’est bien eux que l’on reconnaît.
C’est dans les bibliothèques municipales que notre saboteur poursuit son œuvre en arrachant aux livres d’histoire de l’art leurs pages le temps de l’emprunt. Toujours selon la même rigoureuse procédure … pour les remplacer ni vu ni connu. Il signifie ses initiales ou recompose des oeuvres et c’est dans ces mêmes bibliothèques qu’il se pose naturellement la question de sa place dans l’histoire de l’art. La tête dans les bouquins, il se “reproduit” entre deux monographies grâce à la photocopieuse et la réponse est alphabétique. Entre Bacon et Braque, entre Boccioni et Beuys. À la galerie, c’est un mur entier de toutes ces feuilles A4 N&B que l’on peut voir. Interrogé par nos caméras, R.B. donne sa version des faits. Mais les experts sont formels. De faux Raphaël Boccanfuso circulent.